Crypte

Une crypte est des éléments constitutifs des églises chrétiennes depuis le style roman, construit, enterré ou non, servant le plus souvent de sépulcre.



Catégories :

Rite funéraire - Distribution-Circulation d'édifice

Définitions :

  • Église souterraine où on a parfois enterré les morts; Église souterraine qui supporte l'église apparente; Petits corps arrondis ou... (source : fr.wiktionary)
crypte de la cathédrale de Bayeux, XIe siècle

Une crypte est des éléments constitutifs des églises chrétiennes depuis le style roman, construit, enterré ou non, servant le plus souvent de sépulcre.

crypte de la Basilique Saint-Sernin
crypte de la cathédrale de Bayeux, XIe siècle
Crypte de l'église San Zaccaria de Venise

Histoire

L'étymologie du mot crypte (cacher) indique assez bien sa signification. Les premières cryptes (aussi nommées anciennement crutes, croutes ou grottes) ou grottes sacrées ont été taillées dans le roc ou maçonnées sous le sol, pour cacher aux yeux des profanes les tombeaux des martyrs ; plus tard, au-dessus de ces hypogées vénérées par les premiers chrétiens, on éleva des chapelles et de vastes églises; puis on établit des cryptes sous les édifices destinés au culte pour y renfermer les corps des saints recueillis par la piété des fidèles. Énormément de nos anciennes églises possèdent des cryptes qui remontent à une époque particulièrement reculée : les unes ne sont que des salles carrées, voûtées en berceau ou en arêtes, suivant la méthode antique, ornées quelquefois uniquement de fragmets de colonnes, et de chapiteaux grossièrement imités de l'architecture romaine; d'autres sont de véritables églises souterraines avec collatéraux, absides et absidioles. On pénètre généralement dans les cryptes par des escaliers qui débouchent des deux côtés du sanctuaire, ou même dans l'axe du chœur.

Les églises de France et des bords du Rhin présentent une grande variété dans la disposition et la forme de leurs cryptes ; plusieurs sont construites avec un certain luxe, ornées de peintures, de colonnes de marbre et de chapiteaux historiés, et sont assez vastes pour contenir la plupart de fidèles ; elles possèdent le plus fréquemment deux escaliers, pour permettre aux nombreux pèlerins qui venaient implorer l'assistance des saints dont les restes étaient déposés sous les voûtes, de descendre processionnellement par l'un des degrés et de remonter par l'autre. On évitait ainsi le désordre et la confusion.

Les cryptes, sauf à de rares exceptions, reçoivent du jour par d'étroites fenêtres ouvertes sur le dehors de l'église, ou sur les bas-côtés du sanctuaire. Cette dernière disposition paraît avoir été adoptée quand les cryptes étaient creusées sous les chœurs des églises romanes entourés d'un collatéral. Ainsi les ouvertures qui donnaient de l'air et de la lumière dans la crypte débouchaient dans l'enceinte du lieu consacré. Alors les chœurs étaient élevés au-dessus du pavé du pourtour, ce qui ajoutait à la solennité des cérémonies religieuses, et ce qui permettait même à l'assistance de voir, du bas-côté, ce qui se passait dans la crypte. La majorité des églises rhénanes conservent toujours cette disposition, que nous voyons adoptée dans une petite église dont quelques parties paraissent remonter au VIe siècle ; nous voulons parler de l'église de Saint-Martin-au-Val de Chartres. «On pénétrait primitivement dans la crypte», dit M. Paul Durand, dans la description fidèle qu'il a donnée de cet édifice[1], «par deux petites portes positionnées à droite ainsi qu'à gauche de sa partie occidentale. Ces portes existent toujours... Il est probable qu'jadis le spectateur, positionné dans la grande nef, pouvait apercevoir l'intérieur de la crypte par une ouverture médiane, ou deux ouvertures latérales pratiquées dans sa face occidentale, comme on le voit toujours dans plusieurs églises du centre et de l'ouest de la France...» Il y a entre le sol du sanctuaire relevé et celui du bas-côté une différence de niveau suffisante pour qu'on ait pu pratiquer des fenêtres dans le soubassement des arcades du chœur, de façon à éclairer la crypte, ainsi qu'à permettre de voir l'intérieur de cette crypte, dont les voûtes reposent sur deux rangées de quatre colonnettes chacune. Quoique l'église ait été mutilée et reconstruite en partie à plusieurs reprises, les bases des colonnettes de la crypte et quelques chapiteaux primitifs sont d'un travail qui appartient à une époque particulièrement reculée, voisine toujours des arts du Bas-Empire, et présentant l'ensemble des caractères de la sculpture de la crypte célèbre de la Ferté-sous-Jouarre


Sources

Notes

  1. Rapport sur l'église et la crypte de Saint Martin au Val, à Chartres, par M. Paul Durand, Chartres, 1858.


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