Encorbellement

L'encorbellement est une construction en saillie du plan vertical d'un mur, soutenue en porte-à-faux par un assemblage de corbeaux ou de consoles.



Catégories :

Élément d'architecture - Façade - Pierre sèche - Voûte

Définitions :

  • Construction en saillie sur un mur. Il peut être soutenu par des consoles, des MODILLONS, des CORBEAUX, des CARYATIDES ou des TROMPES. (source : pedagogie.ac-toulouse)
  • Construction d'un étage en saillie comparé au mur vertical, la partie qui dépasse étant soutenue par des matériaux divers. (source : unblogdepierres.canalblog)
  • (nm) Construction en saillie, débordant l'aplomb de la façade : " les pans de bois comportent fréquemment des encorbellements ". (source : crit.archi)
Maison dont les étages sont en encorbellement

L'encorbellement est une construction en saillie du plan vertical d'un mur, soutenue en porte-à-faux par un assemblage de corbeaux ou de consoles. Un étage, une galerie, un balcon, etc., peuvent être en encorbellement.

Dans les villes d'Europe, l'encorbellement est typique de l'architecture médiévale en pan de bois. À Paris, les encorbellements sur rue sont interdits depuis l'ordonnance du 18 août 1667 (voir Règlements d'urbanisme de Paris).

Le Prieuré de Saint-Arnoult présente une façade du XVe siècle à double encorbellement.

Le procédé de l'encorbellement sert à construire des voûtes plus aisément que l'arc en plein cintre.
Il a été employé dans différents types d'architecture ainsi qu'à différentes époques, par exemple dans les temples d'Angkor mais également dans les abris agricoles en pierre sèche en France. Son utilisation remonte au Néolithique, comme en témoigne le site de Barnenez en France.

Voûte de pierres sèches encorbellées et inclinées vers l'extérieur

La voûte de pierres encorbellées et inclinées vers l'extérieur s'est concrétisée dans ce type d'architecture rurale que sont les cabanes en pierre sèche. Qu'il s'agisse de cabanes de France ou d'autres pays européens, elle a été toujours employée par les paysans auto-constructeurs ou par les maçons à pierre sèche des deux ou trois derniers siècles pour couvrir l'espace au moindre coût dans des édifices servant d'annexes agricoles au sein de la ferme ou dans des parcelles particulièrement éloignées de celle-ci (cabanes foraines).

Ce type de voûte, édifié sur une base dérivée du cercle, repose sur deux principes : l'«encorbellement» et l'«inclinaison vers l'extérieur».

Le principe de l'«encorbellement» consiste à disposer les pierres d'une même assise circulaire en surplomb comparé à celles de l'assise inférieure, à la manière de corbeaux. Il est impératif que chaque pierre ne dépasse pas hors de son centre de gravité propre la pierre sous-jacente, de manière à ne pas basculer. Pour ce faire, il suffit de donner à chaque corbeau une queue suffisante en guise de contrepoids, et d'atténuer le poids du saillant en l'élégissant. Une autre obligation est de tailler les corbeaux en forme de secteur de sorte que leurs interfaces rayonnent vers le centre du cercle.

Le principe de l'«inclinaison vers l'extérieur» consiste à imprimer aux pierres de chaque assise une légère inclinaison (de l'ordre de 15°) vers l'extérieur (si elles étaient posées horizontalement, on aurait à proprement parler, une voûte en «tas-de-charge», constituée d'assises à lits horizontaux). Ce pendage entraîne un arc-boutement horizontal entre les plaquettes d'une même assise et la fermeture d'un polygone de forces : chaque assise est alors clavée horizontalement et tient tout seule, en s'appuyant sur la précédente. La poussée horizontale vers l'extérieur exercée par chaque assise est annulée en disposant, à l'arrière de celle-ci, une masse de matériaux jouant un rôle de butée.

Les assises successives, du fait du décalage vers l'intérieur, vont en se rejoignant, la dernière assise étant coiffée soit d'une dalle terminale soit de plusieurs dalles superposées. Aucun cintre n'est indispensable dans cette voûte à effets horizontaux (au contraire de la voûte clavée classique qui, elle , est à effets verticaux). Quant à la dalle terminale, elle peut être enlevée sans provoquer l'écroulement de la voûte (au contraire de la clé d'une voûte clavée, dont la chute entraîne l'effondrement de la totalité).

Quel que soit le type de voûte en pierre sèche, on n'oubliera pas le fait qu'elle est elle-même revêtue soit d'une couverture de dalles ou de lauses qui en épouse la forme, soit d'un revêtement de pierres selon la technique dite de la «double peau».

Il n'y a pas lieu d'opposer voûte encorbellée et voûte clavée, en qualifiant la première de «fausse voûte» par opposition à la seconde, l'unique à mériter le nom de «voûte». En réalité, l'expression «fausse voûte» sert à désigner seulement un couvrement non maçonné (par exemple en bois peint) imitant la disposition et l'apparence d'une voûte maçonnée. La voûte encorbellée doit être reconnue comme un dispositif de voûtement à part entière, une voûte «horizontale», par opposition à la voûte «verticale».

Construction de ponts

Comparaison arc plein-cintre et encorbellement

En ce qui concerne la construction en encorbellement dans les ponts, les ouvrages d'art non courants se rangent, grosso modo, en deux grandes familles :

Pour les premiers, les appuis sont en béton armé tandis que le tablier, en métal, est le plus souvent mis en place par lançage depuis l'une des deux rives ou à partir des deux, comme ce fut le cas pour le viaduc de Millau.

Dans la seconde catégorie, l'ouvrage est constitué d'un tablier en béton qui est construit par encorbellements successifs. Les éléments du tablier, nommés voussoirs, sont coulés en place puis assemblés les uns aux autres, pour former une partie de tablier qu'on nomme fléau (comme sur une balance, le tablier se présentant, en phase constructive, comme un gigantesque fléau en équilibre sur sa pile). Dans la pratique la construction démarre par la réalisation du voussoir sur pile (VSP) qui forme la prolongation naturelle de la pile et le premier élément du tablier. C'est une pièce hybride, complexe à réaliser, qui assure la transition des efforts entre le tablier et la pile. Une fois ce premier élément achevé, la construction se poursuit symétriquement comparé à la pile, afin d'assurer l'équilibre de la gigantesque balance, les voussoirs étant bétonnés en plein ciel, fréquemment dans des conditions de travail complexes et rigoureuses, avec un outil nommé équipage mobile. Comme les travaux s'effectuent en miroir, à chaque extrémité de fléau, la progression nécessite une paire d'équipages mobiles qui sont déplacés une fois chaque voussoir terminé. Le bétonnage s'effectue par l'intermédiaire d'une grue, qui assure l'approvisionnement par benne, les voussoirs étant reliés les uns aux autres par précontrainte pour rigidifier le tablier. Chaque pile voit ainsi ses demi-fléaux progresser pour rejoindre ceux des piles voisines, l'opération de jonction des deux parties de tablier, baptisée clavage, s'effectuant par l'intermédiaire d'un élément baptisé, logiquement, voussoir de clavage.

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 18/04/2009.
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